Comment vivre sans réagir ?

 

Voilà 5 mois déjà que nos vies ont basculé, dans un sens, dans un autre, avec plaisir ou résistance mais sans laisser personne dans l’indifférence.

 

Que d’occasions se sont présentées d’écrire un nouveau « comment vivre sans… » ! Sans liberté de sortir ? sans voir ses proches ? sans gel hydro-alcoolique ? Puis quand l’élan venait d’écrire, je découvrais que le sujet avait déjà été largement débattu. Michèle m’appelle : « Géraldine ça va ? il n’y a plus rien sur le blog, je m’inquiétais ! »

 

Je sais bien. Mais comme le disait mon cher Boris (Vian) : « tout a été dit 100 fois, et beaucoup mieux que par moi ».  Alors les jours ont passé. A quoi bon mettre d’autres mots sur du déjà lu et relu ?

 

C’est ainsi que s’est présentée une évidence : ne pas réagir. Tel était mon défi dans cette période mouvementée. Alors qu’il était si facile de blâmer, d’accuser, de se plaindre, de se révolter ou au contraire de s’enthousiasmer sur un nouveau monde émergent et la propagation des prises de conscience. Non, rien de tout ça, juste vivre, là, avec ce qui est. Qu’importe le contexte.

 

Quelle tranquillité j’ai pu éprouver à ne pas chercher d’interprétation, à ne pas faire de prédiction, à ne pas réécrire de cinquante manières le passé afin que les événements ne se produisent pas tels qu'ils se sont produits.

 

En quoi réagir serait-il une nécessité ? Est-ce simplement une habitude ? De quoi avons-nous besoin pour ne pas réagir ? Pour ma part je crois que ce n’est plus un choix, l’agitation mentale est devenue insupportable. Tant pis, que ce qui est soit, reste la couleur du ciel, le chant des oiseaux sans bruit de voiture (mais sans se dire : qu’est-ce que c’est bien quand il n’y a plus les voitures !), le goût du thé, la douceur du chat qui passe dans mes jambes. Juste ça. Sans réagir. Enfin.